@EliseRigot

Design et éthique ?

Cours Magistral L1-1A Design Elise Rigot
Toulouse, 2020

Chapitre 38 : Chidi voit la lame du temps Saison 3 de The Good Place série télévisée américaine créée par Michael Schur, extrait 4:20-5:15

La responsabilité est diluée dans un système de choix. La charge des conséquences de nos actes est importable par un individu isolé. Comment dès lors aller dans le bon endroit ? Si une pomme rend son acheteur responsable des conséquences du système production, depuis la graine modifiée génétiquement jusqu'à l'emballage plastique transporté en camion, alors il devient impossible de vivre moralement sa vie. Qui est responsable ? La juge de The Good Place doit-elle juger le consommateur, le designer, le transporteur, le producteur, le responsable de rayon ou l'ingénieur agro-alimentaire ? Pour faire en sorte que les humains puissent à nouveau aller dans The Good Place, les protagonistes de la série envisagent de changer le système de comptabilisation des points.
En quoi la question éthique est-elle celle du design ?

Schéma présentant le plan du cours


Design

« Le design est un processus intellectuel créatif, pluridisciplinaire et humaniste, dont le but est de traiter et d’apporter des solutions aux problématiques de tous les jours, petites et grandes, liées aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Potentiellement présent partout, en adéquation avec les modes de vie, les valeurs et les besoins des êtres humains, utilisateurs ou publics, le design contribue à la création d’espaces, à la communication de messages visuels et sonores, d’interfaces, à la production de produits et de services, afin de leur donner un sens, une émotion et une identité, d’en améliorer l’accessibilité ou l’expérience.

Cette activité utilise les compétences et l’expérience du designer, faites d’observation, d’analyse, d’écoute et de technique. L’inconnu, inhérent au commencement de tout projet, est précisément ce qui excite le cerveau du designer et qui le rend capable de rechercher des réponses originales.

Le design, lorsqu’il est présent dès la phase de réflexion, permet donc aux entreprises et aux collectivités d’être source d’innovation et de progrès. ».

définition proposée par l' Alliance Francaise des Designer (AFD)

site de l'Alliance Francaise des Designer (AFD)

Des pratiques très diverses du Design

Design culinaire

Typographie

163km2, Sarah Garcin, Astrid de la Chapelle et Pauline Briand.
Exposé à la Triennale de Milan (2019)

Design d'interface web

World of Yo-Ho, édition Volumique, Étienne Mineur

Game Design, Design graphique et Interface

Charlotte Perriand © Archives Perriand,
exposition Sélection-Tradition-Création, Tokyo (1971)

Aménagement d'intérieur

Solar Sinter. 2011 Markus Kayser, Royal College of Art, London | Egypt | Morocco.

Design prospectif, installation in situ

Enzo Mari, Autoprogettazione Milan (1974)

Design d'objet

Comment se saisir du design, une discipline qui va de l'expérience culinaire, à l'aménagement de l'espace, en passant par le dessins de nos caractères typographiques ?

Méthodologie du Design Thinking

Cette question est d'autant plus difficile aujourd'hui où le design est parfois réduit à une méthode générique promettant de résoudre tous les problème potentiels qui peuvent se poser aux humains.

The Design Thinking Movement is Absurd, Lee Vinsel, Medium (2018)

Article en ligne [en anglais] qui revient sur l'absurdité du Design Thinking

Le philosophe Pierre-Damien Huyghe qui a passé sa vie a étudier l'industrie, l'art et le design, suggère que le design est appelé à des endroits où il ne devrait pas l'être. Son omniprésence brouille ses contours, il devient difficile de dire ce qui relève du design ou non. Ainsi, il est de notre devoir de ne pas nous laisser absorber par des effets de mode ou des buts qui entreraient en contradiction avec l'action de design. Ce dernier est grandement lié à nos manière de vivre, d'habiter, d'expérimenter les objets techniques qui nous entourent, depuis l'ordinateur jusqu'au jardin public en passant par nos manières de table.

" Aujourd'hui, nous appelons beaucoup trop de choses « design ». Et le design est trop souvent appelé. Il faudrait justement faire le tri entre ce qui mérite cette appellation et ce qui, plus réellement, se laisse utiliser ou prendre dans un service. "

Entretien avec Pierre-Damien Huyghe dans le journal en ligne Naja21 Pierre-Damien Huyghe : « On appelle beaucoup trop de choses « design » », par Julie Delem

Designers partout design où ça Adrien Payet, article sur Médium (2020)

" Le design a bien le vent en poupe. Est-ce une raison suffisante de se réjouir ? Le but du design est de faire son métier, pas de se répandre. Tant mieux s’il peut faire l’un et l’autre. Mais choisir entre les deux : le métier. "

À QUOI TIENT LE DESIGN, Essai de Pierre-Damien Huyghe, Olivier Koettlitz, magazine en ligne de design Strabic (2015)

Article en ligne qui présente l'ouvrage Huyghe, P.-D. (2014). À quoi tient le design. De l’incidence éditeur.

Intelligence du design, émission France Culture LA SUITE DANS LES IDÉES par Sylvain Bourmeau (2015)

Un autre philosophe important s'est interrogé sur le sens du mot design.

Slide d'Anthony Masure, Design du vivant et bioéthique : vers un intelligent design ? Communication dans le cadre de la journée d’étude « Health & Care Technologies », Costech et BMBI, Université de Technologie de Compiègne, 19 juin 2019

Vilém Flusser (1920–1991)

Vilém Flusser, Petite philosophie du design [essais publiés entre 1970 et 1991 et regroupés dans Der Stand der Dinge et Dinge und Undinge, 1993], trad. de l’allemand par Claude Maillard, Paris, Circé, 2002.

" En anglais, ce mot est tout à la fois un substantif et un verbe – détail qui caractérise bien, de façon générale, l’esprit de la langue anglaise. En tant que substantif, il signifie entre autres choses “projet, plan, dessein, intention, objectif”, mais aussi “mauvaise intention, conspiration”, ainsi que “forme, configuration, structure fondamentale”, toutes ces significations et d’autres encore étant liées aux idées de “ruse” et de “perfidie”.

En tant que verbe – to design – il veut dire notamment “manigancer, simuler, ébaucher, esquisser, donner forme” et “procéder de façon stratégique”.
Ce mot vient du latin ; il contient le substantif signum, le signe, dont la très lointaine racine est aussi celle de l’allemand Zeichen. Selon l’étymologie, to design veut donc dire “dé-signer” quelque chose : lui ôter son “signe”.
"

Les bases, Le mot design dans Flusser, V. (2002). Petite philosophie du design. [1993] Circé. p.7

Cette articulation particulière du mot design à la notion de perfidie fait de Flusser un penseur exemplaire pour penser le couple Design et Ethique. En effet, comment le design pourrait-il permettre d'habiter le monde selon des critères moraux si ce dernier est par essence un instrument de persuasion visant à tromper l'autre à la manière d'un cheval de Troie ?

Flusser oppose le rôle habituellement porté par le design de
" la mise en forme, fonctionelle et esthétique des produits industrialisés, pour le définir comme « une stratégie visant à duper les corps pesants »"

Midal, A. (2013). Design, l’anthologie [1841-2007]. HEAD; Saint-Etienne: Cité du design. p.425 )

Lecture : L'industrie du design renferme-t-elle une éthique ? (pp. 29-34) Vilém Flusser, Petite philosophie du design [essais publiés entre 1970 et 1991], Paris, Circé, 2002.

Le groupe Designers éthiques présument qu'il y a bien une façon de faire du design avec l'éthique et donne des pistes pour s'engager dans cette voie.

« Or si l’on se met soudainement à désigner une fraction du design comme étant éthique, que dit-on en creux du reste du design ? Est-ce vraiment ce que l’on souhaite ? N’a-t-on pas assez de recul sur les travers de l’hyper-spécialisation qui exigeant une expertise sans cesse plus poussée, isole celui qui y souscrit dans une connaissance et un rapport au monde toujours plus parcellaires ? Ne sommes-nous pas précisément dans une période qui exigerait de tous une dé-spécialisation ? »

Design éthique — mort du design. Anonyme sur Medium

Fischer, F. (2019). L’éthique by design du numérique : généalogie d’un concept. article dans la revue Sciences du Design, 10(2), 61-67.

Vous pouvez retrouver l'intégralité des vidéos captations de Ethics by design 2018 du 1er & 2 octobre 2018 sur le site ainsi que les prises de notes collaboratives sur le site

Bibliographie, collectif Designers Éthiques (depuis 2016)

Comment continuer d’enseigner le design ? blog personnel de Geoffrey Dorne


Victor Papanek (1923-1998)

Qui ?

« Victor Papanek est né en 1923 à Vienne, en Autriche. à 16 ans, il émigre avec sa mère aux Etats-Unis, pour fuir l’Europe nazie. [...] Sa vie se partage entre les Etats-Unis et le reste du monde : il travaille et transmet ses idées tout autour du globe. Après avoir suivi des cours du soir d’architecture et de design industriel au Cooper Union, à New York en 1946-47, il étudie sous la direction de Frank Lloyd Wright à Taliesin,West Arizona, puis suit des cours de « Creative Engineering » au Massachussett Institute of Technology (M.I.T.) où il s’intéressera particulièrement aux travaux de Buckminster Fuller. »

Rastello, M. (s. d.). The clock of humanity points perpetually to one minute before twelve. 7.
Quand ?

« Il commence à enseigner vers la fin des années 1950 au Ontario College of Arts, puis à l ‘Université de Purdue (Indiana) de 1963 à 1967 - la majorité des travaux publiés dans Design pour un monde réel sont des travaux réalisés avec des étudiants à cette époque. Il enseignera ensuite au California Institute of the Arts, au début des années 1970, à la Royal Academy of Architecture de Copenhague, il sera conférencier au Manchester Polytechnic of Art and Design, puis professeur d’architecture et de design urbain au Kansas City Art Institute jusqu’en 1987. »

Rastello, M. (s. d.). The clock of humanity points perpetually to one minute before twelve. 7.

Cette image d'un incendie massif sur la rivière Cuyahoga à Cleveland en 1952 a été utilisée dans un article du Time Magazine de 1969 sur un incendie isolé qui a fait prendre conscience aux Américains de la situation désastreuse le long de la voie navigable.

Cette vue du vaisseau spatial Apollo 11 montre la Terre s'élevant au-dessus de l'horizon de la Lune. Fichier photo par la NASA/UPI

Le Whole Earth Catalog est un catalogue américain de contre-culture publié par Stewart Brand entre 1968 et 1972, puis occasionnellement jusqu'en 1998. Les Whole Earth Catalogs proposaient toutes sortes de produits à la vente (vêtements, livres, outils, machines, graines — des choses utiles à un style de vie créatif et autosuffisant), mais ne vendaient directement aucun de ces produits.
Il pronaît le Do it yourself.

Le titre Whole Earth Catalog provient d'un projet antérieur de Stewart Brand. En 1966, il lança une campagne publique pour que la NASA dévoile la photo satellite de la sphère terrestre vue de l'espace : la première image de la Terre en son entier (Whole Earth). Il pensait que cette image pouvait être un puissant symbole, évoquant chez les gens un sentiment de destin partagé et de stratégie adaptative. Brand, biologiste fortement intéressé par les arts et la société, pensait qu'il existait à son époque une vague d'engagement pour la rénovation de la société industrielle américaine avec des préoccupations écologiques et sociales justes. (wikipédia)

Fonctionnement du Whole Earth Catalog

Un article est listé dans le catalogue s'il est considéré comme :
Un outil utile, propice à l'éducation indépendante, étant de haute qualité ou à bas prix, n'étant pas encore un savoir commun, facilement disponible par courrier. L'index du catalogue est continuellement révisé selon l'expérience et les suggestions des utilisateurs et de l'équipe du Catalogue.

Le Catalogue de 1968 était divisé en sept sections générales :
Comprendre les systèmes d'ensemble/ Abris et utilisation du terrain/ Industrie et artisanat/ Communications/ Nomades/ Apprentissage

(wikipédia)

Whole Earth Catalog, Fall 1968

The Last Whole Earth Catalog: Access to Tools, Stewart Brand, 1971

Stewart Brand occupe une place essentielle, celle du passeur qui au-delà de la technique fait naître les rêves, les utopies et les justifications auto- réalisatrices. Depuis la fin des années soixante, il a construit et promu les mythes de l’informatique avec le Whole Earth Catalog, le magazine Wired ou le système de conférences électroniques du WELL et ses communautés virtuelles. Aux sources de l’utopie numérique nous emmène avec lui à la découverte du mouvement de la contre-culture et de son rôle déterminant dans l’histoire de l’internet. « Ce livre réussit un véritable tour de force. Suivant la biographie de Stewart Brand, il dresse le portrait d’un personnage collectif : internet. En déplaçant l’attention des inventeurs vers les passeurs, Fred Turner offre une leçon de sociologie des sciences et des techniques. Toujours là au bon moment, Stewart Brand est le point d’intersection d’univers hétérogènes. Il amène le LSD dans les laboratoires du Stanford Research Institute, et introduit la micro- informatique dans l’univers pastoral des hippies... »

Dominique Cardon, extrait de la préface de Fred Turner, Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand un homme d’influence. (2013)

La Cinquième Avenue de Manhattan a été fermée à la circulation automobile pour la première Journée de la Terre, le 22 avril 1970.

22 millions d'Américains participent à la Journée de la Terre

Greta Thunberg et Anuna De Wever (au centre), à Bruxelles le 21 février 2019

LE RAPPORT MEADOWS (1972)
Arnaud Diemer présente le rapport Meadows Limits to growth

Réactualisation des courbes de simulation extraites du « Rapport Meadows » commandé par le club de Rome en 1972

1972 - D’autres postures pour le design & l’économie face aux effondrements, E. Rigot et J. strayer, à paraître

« En 1972 le Club de Rome – qui regroupe un consortium de magnats de l’industrie automobile Européenne – demande au MIT d’étudier les perspectives de la croissance à long terme. Le rapport Meadows « Les limites de la croissance dans un monde fini », fruit de ce travail, paraît en 1972. C’est le premier ouvrage qui étudie l’évolution dynamique à long terme de six variables macroéconomiques à travers huit scénarios différents. Cette étude remet en cause l’idée dominante d’une croissance infinie, nécessairement bornée dans un monde qui est lui, fini. Selon le scénario Business As Usual de ce rapport, dans lequel aucune mesure particulière ne serait prise (scénario médian), l’humanité ne connaîtrait tout au plus qu’un siècle de croissance avant d’atteindre un seuil, après lequel un effondrement du nombre de richesses par individu – et d’individus – deviendrait inévitable. Si le rapport a été vivement critiqué, il reste pour autant une référence en ce qui concerne le lien entre croissance et environnement. »

1972 - D’autres postures pour le design & l’économie face aux effondrements, E. Rigot et J. strayer, à paraître

« Dans un plaidoyer virulent contre la discipline, Design pour un monde réel (1974), Victor Papanek écrit « ce que les architectes, les designers industriels, les planificateurs, etc., pourraient faire de mieux pour l’humanité serait de cesser complètement leur travail. » Cette « race fort dangereuse », les designers, est pointée du doigt pour sa passivité et l’acceptation des règles du capitalisme : il s’agit pour le design de rendre désirable et en quelque sorte de manipuler le consommateur. Papanek ajoute cependant : « le design peut et doit devenir un moyen pour les jeunes de participer à l’évolution de la société. » et souligne « [e]n tant que designer[s] socialement et moralement engagés, nous devons répondre aux besoins d’un monde qui est au pied du mur. L’horloge de l’humanité marque toujours minuit moins une. » Ainsi, il s'agit d’arrêter une certaine activité du design considérée comme hautement nuisible qui consiste à assouvir des désirs artificiellement inculqués au lieu de créer pour les besoins réels et éprouvées des citoyens (Papanek, 1974). Le designer et enseignant propose de s’atteler à la réalisation de projets fondés sur des besoins réels tels que le design pour des régions sous-développées, pour la médecine, la recherche expérimentale, etc. »

Petit, V. (2015). L’éco-design : design de l’environnement ou design du milieu ?. Sciences du Design, 2(2)doi:10.3917/sdd.002.0031.

1973 : désolé, plus d’essence, Exposition Centre Canadien d'Architecture CCA, Salles principales, 7 novembre 2007 au 20 avril 2008

Lionel Devlieger, « Relire Papanek », CRITICAT, (2010)

Lionel Devlieger, « Relire Papanek », CRITICAT, (2010)

Comment ?

Papanek aborde un design situé, en étudiant des terrains précis auprès de populations et usagers, il donne ensuite une proposition faisable avec les matériaux et savoir-faires disponibles et documente son approche afin que d'autres puissent reprendre ses propositions.

James Hennessey, Victor J. Papanek Nomadic Furniture, Pantheon Books (1973)

James Hennessey, Victor J. Papanek Nomadic Furniture, Pantheon Books (1973)

James Hennessey, Victor J. Papanek Nomadic Furniture 2, Pantheon Books (1973)

Diane Barbier, aménagement d'une aire de jeu

James Hennessey, Victor J. Papanek Nomadic Furniture 2, Pantheon Books (1973)

Les designers Alizée Perrin et Yoann Vanderdriessche forment le collectif « Chemins de Faire ».

Movable Presence Naty Mosko

Drôles d'Oiseaux par Fritsch-Durisotti

KEYSTONES (2014) Studio Minale-Maeda

Low-tech lab

Rapport expérimentation, habitat low-tech, low-tech lab

Creative Commons propose des contrats-type ou licences pour la mise à disposition d’œuvres en ligne. Inspirés par les licences libres, les mouvementsopen source et open access, ces licences facilitent l’utilisation d’œuvres (textes, photos, musique, sites web, etc).

GitHub

est un service web d'hébergement et de gestion de développement de logiciels, utilisant le logiciel de gestion de versions Git. En avril 2016, GitHub a annoncé avoir dépassé les 14 millions d'utilisateurs et plus de 35 millions de dépôts de projets le plaçant comme le plus grand hébergeur de code source au monde. Alors que le système traditionnel open source amène chaque contributeur à télécharger les sources du projet et à proposer ensuite ses modifications à l’équipe du projet, GitHub repose sur le principe du fork (embranchement) par défaut : toute personne « forkant » le projet devient publiquement de facto le leader de son projet portant le même nom que l’original.

(Wikipédia)
L’Expérience Tiers-Lieux. Fork The World. Biennale Internationale Design 2017, Photos de l’expo

Papanek, V. (1974).
Design pour un monde réel.
Mercure de France. Lecture de la préface.

Chapitres :

0. Préface
1. Qu'est-ce que le design?
2. Un génocide
3. Le mythe du barbare chic
4. Le meurtre à la portée de tous
5. Notre culture kleenex
6. Huile de serpent et thalidomide
7. Rebelle avec cause
8. Comment réussir dans le design sans vraiment se fatiguer
9. L'arbre du savoir : la bionique
10. Consommation ostentatoire : design et environnement
11.Tableau noir au néon
12. Design pour la survie et survie par le design

A partir de votre expérience personnelle, pensez à des exemples de design irresponsables. A l'inverse, trouvez également des exemples de design responsables.

Exemple : Compte Instagram Pointless Packaging

Design irresponsables :

« Des clous en or 14 carats, un sélecteur de cravate électrique sans fil, des poupées de plastique à torturer pour les 8-12 ans, un coussin de satin en forme d’oeuf à porter pour faire croire que l’on est enceinte, des costumes de lutins de noël pour chiens… »
V. Papanek, Notes from a journal 12/II/1972 – 12/V/1973, Mobilia n°219-220, octobre-novembre 1973

Le trouviste, veille sur le design, le numérique & l'écologie par Thomas Thibault du Collectif BAM

Design pour un monde réel, Victor Papanek, numéro 36 d’Azimuts Une anthologie. A reader

Photographies personelles de l'exposition, Victor Papanek The Politics of Design 29.09.2018 – 10.03.2019 Vitra Design Museum

Photographie personelle de l'exposition, Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, frise temporelle Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, essai Do it yourself murder Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, poster work chart for designer Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, poster work chart for designer détail Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, poster work chart for designer détail Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, poster work chart for designer détail Victor Papanek The Politics of Design

Photographie personelle de l'exposition, collection de design irresponsable Victor Papanek The Politics of Design

Victor Papanek, Tin Can Radio, Bali (1965)

Quelques projets en rapport avec le travail de Papanek présents dans le comissariat de l'exposition.

Thomas Thwaites The toaster Project

Photographie personelle de l'exposition, Thomas Thwaites The toaster Project, Victor Papanek The Politics of Design

Lien vidéo Questtono, flui coletivo bomba hacker, 2014

Photographie personelle de l'exposition, flui coletivo bomba hacker, 2014

The Accessible Icon Project

Mark Henning, Normaal 2017

Article sur la revue en ligne Strabic BUCKMINSTER FULLER Le World Game comme projet de société 2013

Fuller, R. B., & Basile, J. (1980). Manuel d’instruction pour le vaisseau spatial" terre". Les Editions Jean Basile.

Photographie personelle de l'exposition Victor Papanek The Politics of Design

ALEXANDRA DAISY GINSBERG Designing for the Sixth Extinction (2013) Commissioned by Science Gallery, Dublin for Grow Your Own… Life After Nature, October 24 2013–January 19 2014.


László Moholy-Nagy
(1895-1946)

Qui ?

Peintre, un photographe plasticien et théoricien de la photographie hongrois.
László Moholy-Nagy est connu pour sa participation à divers mouvements d’avant-garde dans l’entre-deux guerres, dans lesquels il côtoie notamment les membres du dadaisme, du constructivisme et du De Stijl. Il explore les nouvelles techniques de photographie en concevant des photogrammes (chaque image photographique d'un film). Sollicité par le fondateur et directeur de l’école du Bauhaus, Walter Gropius, l’artiste y devient enseignant en 1923 avec le titre de Maître.

(Wikipédia)
Généralités sur le mouvement dadaïste

Généralités sur le mouvement constructiviste russe

Généralité sur le mouvement de Stijl

Manifeste de la revue De Stilj par Theo Van Doesburg

Quand ? République de Weimar

Nom donné au régime de l'Allemagne après la Première Guerre mondiale (1919-1933).
Sous la présidence du social-démocrate Ebert (1919-1925), les premières années de la République de Weimar sont fortement troublées par l'opposition des communistes, des nationalistes et des milieux financiers, notamment en juin 1919 lors de la signature du traité de Versailles. Les difficultés s'accumulent et menacent l'existence de la République : crise économique (le mark s'effondre en 1922), occupation de la Ruhr par la France (1923), mouvements séparatistes (Bavière, Rhénanie, Saxe), tentatives de putschs militaires (Kapp à Berlin en 1920 ; Hitler à Munich en 1923), attentats nationalistes (assassinats d'Erzberger en 1921, de Rathenau en 1922), prolifération des factions armées, tentatives de soulèvements communistes (Hambourg, 1923). Face à la division des forces de gauche (social-démocratie et parti communiste) s'amorce la revanche des conservateurs, qui se laisseront dépasser par Hitler. Profitant des effets de la crise mondiale qui frappe sévèrement l'Allemagne à la fin des années 1920, les nazis mettent fin au régime républicain lors de l'arrivée d'Hitler à la chancellerie en 1933. (Larousse)
Noblet, J. de A. (1974). Design : Introduction à l’histoire de l’évolution des formes industrielles de 1820 à aujourd’hui.
(pp.42-97)

Noblet, J. de A. (1974). Design : Introduction à l’histoire de l’évolution des formes industrielles de 1820 à aujourd’hui. documents présents à la fin de l'ouvrage

Qui ?

« Lorsque Hannes Meyer remplace Gropius au Bauhaus de Dessau en 1928, Moholy-Nagy quitte l'école pour s'installer à Berlin. Là, il développe une activité de designer qui recouvre le domaine scénique – il collabore régulièrement avec le Kroll Oper et avec le Théâtre de Piscator –, la publicité, la conception et l'installation d'expositions. Après un bref séjour à Amsterdam, l'artiste s'établit à Londres en 1935, où il réalise des films documentaires tel The New Architecture at the London Zoo (La Nouvelle Architecture au Zoo de Londres, 1936, où il instaure un dialogue cinématographique avec les expériences architecturales de Berthold Lubetkin). Deux ans plus tard, il accepte de diriger le New Bauhaus de Chicago, institution nouvellement fondée par l'Association of the Arts and Industries, mais l'école ne parvient pas au terme de sa première année d'existence, faute d'un sponsor solide. La grande notoriété de Moholy-Nagy aux États-Unis, obtenue grâce à la diffusion de son œuvre mais aussi et surtout par la traduction de ses écrits, lui permet d'ouvrir avec succès sa propre School of Design à Chicago, ville où il réside jusqu'à sa mort le 24 novembre 1946. »

(Encyclopédie Universalis)
Moholy-Nagy, L. « Nouvelle méthode d’approche. Le design pour la vie. » [1947], trad. de l’anglais par J. Kempf et G. Dallez, dans : Peinture Photographie Film et autres écrits sur la photographie [1993], Paris, Folio, 2007, pp. 269-306

Lecture Le design : une attitude, pas une profession

Une affaire d'attitude

« Comme l'écrivait László Moholy-Nagy en 1947, le design est davantage affaire « d'attitude » que le fait d'une profession. Dans cette optique, il envisage la création d'objets et d'environnements dans le cadre d'un « design pour la vie », une synthèse dynamique entre technique, forme et économie. Le designer, dont la figure émerge avec le développement de la société industrielle, devient un collaborateur critique au sein des industries. Il en est ainsi de quelques sociétés d'après guerre (telles que Braun) qui plaçaient le designer au centre de la vision d'entreprise. Par des « nouvelles méthodes d'approche », le design permet de dépasser la conception de l'individu comme simple client, consommateur ou usager. Autrefois régulateur et force de proposition dans une société de consommation moralement juste, son rôle est aujourd'hui problématique. »

Anthony Masure (Séminaire, 2012)

Différentes catégories de questions :
1. Rôles, métiers et évolution des pratiques des designers
2. Fonctionalisme et relation forme/fonction
3. " Bon " Design
4. Marchandisation, consommation et distribution
5. Nouvelles technologies
6. Passé / Présent / Futur
7. Utopie et Progès

#Question

L’imagination est un besoin, le design peut-il y répondre ? > Si l’imagination est un besoin, comment le design peut-il y répondre ?
#Question

Qu’est ce que le “ bon “ design ?
#Question

Le designer doit-il utiliser son savoir pour satisfaire les besoins des humains ou doit-il l'utiliser pour aider le progrès ? > Quel position peut adopter le design face à l’idéologie du progrès ?
#Question

L’évolution technologique aide-t-elle à créer un nouveau design ? > Comment les poussées techniques redéfinissent et reconfigurent les pratiques de design ?
#Question

Qu'est-ce qui empêche notre société de devenir organique ?
#Question

Est-ce que le designer doit guider le présent ou guider vers le futur ?


Ethique ?
Morale ?

Design, mœurs et morale, Emmanuel Tibloux, Pierre-Damien Huyghe, Texte paru dans Azimuts nº 30, (2008).

Design, mœurs et morale, Emmanuel Tibloux, Pierre-Damien Huyghe, Texte paru dans Azimuts nº 30, (2008).

« «Éthique» renvoie étymologiquement – comme l’a bien montré Heidegger dans sa Lettre sur l’humanité – au repaire, au gîte, là où l’être humain se trouve dans son repli intime avec lui-même. Nombre de choses que nous engageons dans le monde procèdent de cette intimité profonde, qui est par essence – et doit demeurer – inaccessible à tout autre que soi, inexposable. Les situations dans lesquelles l’intimité est obligée au dévoilement, à la mise à nu sont les situations épouvantables des lieux de torture ou de concentration. »

Design, mœurs et morale, Emmanuel Tibloux, Pierre-Damien Huyghe, Texte paru dans Azimuts nº 30, (2008).

« Je propose donc de faire revenir ce vieux mot de «morale», en raison de son rapport foncier avec «mœurs». Un objet de communication – par exemple un téléphone portable – a une dimension morale, non pas parce qu’il engage des décisions d’ordre éthique mais parce qu’il organise des mœurs, la possibilité d’être proches à distance par exemple. Cette dimension morale est pré-politique – elle correspond au grec oikos ou à l’allemand Sittlichkeit, qui signifie chez Hegel toute une morale qui se pratique sans s’énoncer dans du droit positif. »

Design, mœurs et morale, Emmanuel Tibloux, Pierre-Damien Huyghe, Texte paru dans Azimuts nº 30, (2008).

« Le problème aujourd’hui, c’est qu’en surexposant le mot «éthique», on prend et on occupe le champ de ce mot de «mœurs» qui serait plus efficace pour nous tous et qui désigne cette espèce d’espace qui se trouve entre l’éthique, qui relève de l’intimité stricte et la politique, qui est l’espace proprement public. Cet espace entre qui oriente notre être au monde et nos conduites, où se trouvent, éventuellement de façon passive, orientées nos con­duites et qui, s’il n’a pas de nom ne peut être pensé – cet espace, je le dis effectivement «moral». »

#Définition : Morale

Qui a rapport aux moeurs, aux coutumes, traditions et habitudes de vie propres à une société, à une époque.

CNTRL
#Définition : Morale

Qui concerne les règles ou principes de conduite, la recherche d'un bien idéal, individuel ou collectif, dans une société donnée.

CNTRL
#Définition : Moeurs

Ensemble de comportements propres à un groupe humain ou à un individu et considérés dans leurs rapports avec une morale collective; absol., règles de vie, modèles de conduite plus ou moins imposés par une société à ses membres.

CNTRL
#Définition : Ethique

Science qui traite des principes régulateurs de l'action et de la conduite morale.

CNTRL
#Définition : Responsabilité

Obligation faite à une personne de répondre de ses actes du fait du rôle, des charges qu'elle doit assumer et d'en supporter toutes les conséquences.

CNTRL
#Définition : Responsabilité morale

Nécessité pour quelqu'un de répondre de ses intentions et de ses actes devant sa conscience.

CNTRL
Dominique Bourg discute de l'évolution des techniques et de l'avènement d'une idéologie du progrès. Face à la puissance atteinte, il souligne l'importance d'une éthique de la technique.

Le design est concerné à la fois par l'évolution des techniques, la notion du progrès et les conditions d'habitabilité.

Naissance du design avec la révolution industrielle, participation des designers à l'imginaire du progrès techniques, design comme ce qui permet une meilleure habitabilité du monde.
« La fin ou le but du design est d’améliorer ou au moins de maintenir l’habitabilité du monde dans toutes ses dimensions. » Alain Findeli

« Un acte de design authentique est un acte social et critique. Il commence par un moment critique, c’est-à-dire un moment où le designer détecte l’existence d’une insatisfaction vis-à-vis du monde qui le propulse dans un projet en vue de rendre ce monde plus habitable pour la collectivité. »

Gauthier, P., Proulx, S. & Vial, S. (2015). Manifeste pour le renouveau social et critique du design. Dans : Stéphane Vial éd., Le design (pp. 120-122). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.


Habiter en terrien
Retrouver Gaïa

Que se passe-t-il aujourd'hui quand les conditions d'habitabilité des humains sont mises en péril par l'activité même de ces derniers ?
Gaïa est dans la mythologie grecque une déesse primordiale identifiée à la « Déesse mère ». Le mot grec ancien γαῖα signifie « Terre ».

Pour illustrer sa théorie — appelée hypothèse Gaïa —, l'écologiste anglais James Lovelock utilise, dès 1970, le nom et l'image de la déesse mère Gaïa, personnifiant « la Terre comme un être vivant ».
Thibault De Meyer, « Bruno Latour, Face à Gaïa. Huit conférences sur le Nouveau Régime Climatique », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2016, mis en ligne le 06 janvier 2016


« Dans les années 1960, James Lovelock propose le concept de Gaïa pour décrire la particularité de la planète Terre : contrairement aux autres planètes, l’atmosphère de la Terre contient de l’oxygène grâce aux bactéries et aux végétaux photosynthétiques. De la même façon, l’eau sur Terre aurait dû redescendre depuis longtemps dans le sol. Si ce n’est pas le cas, c’est parce que des planctons, des bactéries et des végétaux ne cessent de remonter l’eau. Ainsi, les êtres vivants ne font pas qu’habiter la Terre, ils la transforment pour la rendre plus apte à accueillir la vie. »

Thibault De Meyer, « Bruno Latour, Face à Gaïa. Huit conférences sur le Nouveau Régime Climatique », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2016, mis en ligne le 06 janvier 2016


« Gaïa, en contraste, n’est pas immatérielle. En fait, elle est composée de tous les êtres qui l’habitent. Cependant, ces êtres ne peuvent pas vivre sans Gaïa. Celle-ci n’est pas pour autant une totalité qui détermine les parties. Gaïa et les Terrestres – c’est le terme que propose Latour pour appeler les habitants de Gaïa – n’existent qu’à travers des connexions. En fonction des connexions, certaines formes de vie émergent, d’autres formes disparaissent et, à chaque fois que les formes de vie changent, Gaïa change ou plutôt « changent » si l’on voulait respecter l’habitude de Latour de conjuguer les verbes relatifs à Gaïa au pluriel afin de souligner la multiplicité de cette figure. »

Chez Bruno Latour, être Face à Gaïa, nous permet de penser notre situation en dehors de l'idée de Nature, de Globe ou de Planète. La terre, Gaïa, est d'une immense complexité et elle est un territoire à redécouvrir. Gaïa : aucun vivant n'a jamais aucune autre expérience que d'être dans Gaïa, ce dans quoi nous sommes. Non pas un humain dans la Nature mais un terrestre dans Gaïa.

Bruno Latour, sa pensée et son influence, podcast Soft Power sur France Culture [extrait 1:14 - 1:18].

Biographie Bruno Latour

TERRA FORMA, MANUEL DE CARTOGRAPHIES POTENTIELLES
Alexandra Arènes, Axelle Grégoire, Frédérique Aït-Touati

TTERRA FORMA / CHANTIER #5 : HABITER PARMI LES VIVANTS / ATELIER DE CARTOGRAPHIE

Retour d'atelier - 5ème chantier de Terra Forma! Semaine d'analyse après l'atelier cartographique mené avec Alexandra Arènes Axelle Gregoire et Frédérique Aït-Touati à l'Ecole de l'Anthropocène à Lyon.

Moving Earths - une série d'expériences de conférence-spectacle sur le parallèle Galilée/Lovelock-Margulis

Moving Earths, Nanterre-Amandiers (c) Zone Critique

Présentation de Moving Earths Une conférence-spectacle de Bruno Latour et Frédérique Aït-Touati MOVING EARTHS_TRIPTYQUE, lien vers la conférence filmée

« C’est en devenant le sol des autres que nous pourrons augmenter notre propre puissance d’agir. La Terre sera alors l’ensemble des théâtres d’opérations pour l’existence d’autrui : de ces vies qui nous traversent et que nous exprimons selon nos propres besoins. »

Coccia, E. (2019). Gaïa ou l’anti-Léviathan. Critique, 860-861(1), 32-43. doi:10.3917/criti.860.0032.
Dans ce paysage, le designer ne peut plus penser en terme de réponse globale à des besoins humains qui seraient les mêmes de toute part.

Il se doit lui aussi, de constater ce qui se passe dans, sur, à travers son sol, le terrain, le milieu dans lequel il évolue et qu'il habite.

Fly with Aerocene Pacha, 2020

Fly with Aerocene Pacha, 2020

SAY YES TO WATER AND LIFE! NO TO LITHIUM! Studio Tomás Saraceno, 2020

LA RICHESSE ET LA BEAUTÉ GRAPHIQUE DU PLANCTON Entre arts et sciences projet Plankton Planète

Les na'vi sont un peuple de fiction faisant partie de l'univers d’Avatar (film SF, 2009, James Cameron). Ce sont des indigènes de l'exolune Pandora ; ils parlent le na'vi. L'action se déroule au xxiie siècle et raconte la lutte entre les na'vi, des extraterrestres qui veulent préserver leur monde Pandora, et les humains qui y extraient un minerai pour l'envoyer sur Terre.


Tomas Maldonado
Design et environnement

Qui ?

Tomas Maldonado (1922 - 2018)
Argentin de naissance, Tomás Maldonado a été à la fois artiste, concepteur, théoricien du design industriel, formateur et spécialiste de la culture technique et de la communication. Une intense activité didactique commence dès le milieu des années 50, l'amenant à voyager dans le monde entier. D'abord en Allemagne où il enseigne à la Hochschule für Gestaltung d'Ulm de 1954 à 1966, en occupant différentes fonctions internes au sénat académique, jusqu'à la fonction de recteur de 1964-1966. Puis de 1967 à 1970 à l'école d'architecture de l'université de Princeton. Dès 1976, il débute sa carrière académique en Italie, d'abord à l'Université de Bologne comme titulaire de la chaire de Design Environnemental entre 1976 et 1984 puis à partir de 1985 à l'École Polytechnique de Milan en tant qu'enseignant de Conception Environnementale. Une chaire où il enseigne jusqu'en 1994, année de création de la chaire de Design Industriel, dans le cadre d'un cursus universitaire organisé par lui-même, qu'il dirige jusqu'à son admission définitive à la retraite comme professeur émérite. Parallèlement à son activité académique et à une intense production d'œuvres théoriques, Tomas Maldonado a mené des recherches et un développement de projets pour l'industrie.
(https://www.floornature.eu/)

MALDONADO, T. (1972), Environnement et idéologie. Vers une écologie critique, Paris, Unions Générale d’éditions (10/18).

1972 - D’autres postures pour le design & l’économie face aux effondrements, E. Rigot et J. strayer, à paraître

« Dans Environnement et idéologie : vers une écologie critique (1972), le théoricien, designer et enseignant analyse les causes des courants nihilistes et dénonce les mystifications projectuelles de son époque. La thèse de Maldonado est que le désengagement projectuel contribue à l’écroulement de notre société. Le problème est à la fois une forme d’impuissance mais surtout d’indifférence dans l’activité de création. Cette impuissance face à la marche du monde engagée vers l’économie mercantile et libérale a été cristallisé dans la sentence de Tactcher en 1975 « There is no alternative ». De manière prémonitoire, Maldonado explique que face à un avenir inquiétant où « l’habitabilité humaine deviendra à la longue impossible », les prédictions optimistes ne suffiront pas et aucun techno-solutionnisme ne devrait nous servir d’alibi. »

MALDONADO, T. (1972), Environnement et idéologie. Vers une écologie critique, Paris, Unions Générale d’éditions (10/18).

Lecture pp. 116-119

MALDONADO, T. (1972), Environnement et idéologie. Vers une écologie critique, Paris, Unions Générale d’éditions (10/18).

MALDONADO, T. (1972), Environnement et idéologie. Vers une écologie critique, Paris, Unions Générale d’éditions (10/18).

L’environnement humain : l’environnement dans lequel évolue l’homme est construit par lui-même, il est par ailleurs indissociable de l’auto-réalisation humaine : ce n’est pas un héritage. Ce monde concret lui a permis de vivre, vivre avec les autres et survivre.

Projection concrète : Il s’agit d’un de nos plus grands besoins d’êtres vivants au sein de cet environnement. La projection concrète est « la confirmation de la tangibilité ultime de tout ce que nous sommes, faisons et voulons faire dans ce monde ».

La projétation : Elle n’est pas possible si l’on ne tient pas compte de la projection concrète, c’est-à-dire des structures, des actions et des comportements existants dans lequel évolue l’être humain. La projétation correspond à la complémentarité de la projection concrète et de l’espoir, unissant l’homme à la réalité.
1971 - Prémices pour le design et le sous-développement Guy Bonsiepe, in de Noblet, J. 1974. Design : introduction à l’histoire de l’évolution des formes industrielles de 1820 à aujourd’hui, Paris : Éditions Stock, pp. 225-237.

« Nous vivons dans une époque où l'humanité a une conscience de plus en plus aiguë des possibilités qui lui sont offertes de créer et de modeler son environnement, non seulement les possibilités de le créer mais aussi de le détruire. Les effets négatifs de l'industrialisation et de l'urbanisation et les incidences psychologiques et physiques qu'elles impliquent prennent des proportions alarmantes dans les sociétés « développées ». »

1972 - La morale de l'environnement Claude Schnaidt, in de Noblet, J. 1974. Design : introduction à l’histoire de l’évolution des formes industrielles de 1820 à aujourd’hui, Paris : Éditions Stock, pp. 225-237.

« Pour changer le monde, il faut le connaître, avoir des idées claires sur les solutions nécessaires et s'engager résolument pour les mettre en application. Ce sont précisement ces idées claires et cet engagement qui manquèrent le plus au cours des cinquante dernières années. Bien que beaucoup d'hommes de progrès se soient voulus rationalistes, leur action releva plus d'une mystique sociale que d'une connaissance rationnelle des faits et d'un engagement cohérent pour mettre cette connaissance en pratique.»

L’INSTITUT DE L’ENVIRONNEMENT : UNE ÉCOLE DÉCLOISONNÉE URBANISME, ARCHITECTURE, DESIGN, COMMUNICATION Tony Côme

L'institut de l'Environnement - 1971

L’architecte Claude Schnaidt résume les réflexions de l’équipe qui fut chargée en 1968 par le ministère des Affaires culturelles de créer un institut de l’environnement. Ce dernier n’est autre que la transposition de la Hochschule für Gestaltung d’Ulm à Paris. Il ne s’agit pas d’un Institut de préservation de l'environnement à proprement parlé mais d’une action culturelle sur les cadres de vie. C’est un centre de recherche pluridisciplinaire visant au renouvellement dans l’enseignement de l’urbanisme, de l’architecture, du design industriel et de la communication afin de conduire des recherches pluridisciplinaires sur les aspects culturels de l’environnement. La France pouvait ainsi appliquer une politique culturelle de l’environnement. Pourtant le gouvernement choisit la fermeture de l’Institut de l’environnement le 31 octobre 1971.
1972 - La morale de l'environnement Claude Schnaidt, in de Noblet, J. 1974. Design : introduction à l’histoire de l’évolution des formes industrielles de 1820 à aujourd’hui, Paris : Éditions Stock, pp. 225-237.

« Lors de son voyage aux Etats-Unis en 1970, Georges Pompidou s'était écrié : « Il faut créer et répandre une sorte de morale de l'environnement imposant à l'Etat, aux collectivités, aux individus, le respect de quelques règles élémentaires faute desquelles le monde deviendrait irrespirable. » Il est assurément moins compromettant de diluer la responsabilité des véritables déprédateurs de notre cadre de vie par des appels à la moralité que de former des hommes susceptibles de l'aménager dans l'intérêt de tous.»

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42. pp.191-202 [à lire pour le 10 mars : préparer un commentaire succin de 5 lignes ici]

Quand ? L'après guerre en Allemagne

Quand ? Le procès d'Adolf Eichmann

Événement total, entièrement filmé, le procès d’Adolf Eichmann (1961), l’un des coordinateurs de la politique nazie d’extermination des Juifs, constitue le premier grand procès individuel des crimes commis dans le cadre de la Shoah. [extrait]
Quand ? La banalité du mal

« Il assurait qu'il n'avait jamais fait quoi que ce soit de sa propre initiative qui n'avait jamais eu l'intention de faire le bien ou au contraire le mal, il répétait qu'il n'avait fait qu'obéir aux ordres. »

Film Hannah Arendt (2013) Réalisatrice : Margarethe von Trotta [extrait]
Podcast France Culture Des agents en Argentine : le procès Eichmann (Chapitre 4, Episode 2)
Concept : le fonctionnaire

« La culture automatique, inhumaine, qui est en train d’émerger autour de nous, et la conscience automatique, inhumaine, qui est en train d’émerger en nous-mêmes, est le produit de la pensée critique occidentale. Surtout de la pensée scientifique, mais aussi de la pensée politique et artistique. Or, cette culture et cette conscience se révèlent, à présent, être criminelles. Cette culture et cette conscience ont programmé Auschwitz, elles programment Kolyma, elles sont en train de programmer l’appareil de la destruction nucléaire. L’appareil et son fonctionnaire (Eichmann, l’apparatchik, le technocrate) sont le produit de la pensée critique occidentale. C’est la pensée occidentale critique tout entière, sa science, sa politique, son art, qui se révèlent à présent criminels. Apparemment, une dialectique négative du type francfortien s’impose : la pensée critique, à son origine effort pour nous émanciper de la terreur des mythes et des idéologies, résulte en terreur. »

Critique, Critères, Crise, Vilém Flusser, Mineure Multitude 74 (2019)
Concept : le fonctionnaire

« Trouvant son apogée dans Auschwitz, le « programme occidental », selon Flusser, fait de nous des « fonctionnaires », c’est-à-dire des agents ne faisant que manipuler des symboles et traitant toute chose ou personne comme une entité objectivable et calculable, rejoignant ainsi la pensée d’auteurs comme Günther Anders ou Hannah Arendt. La logique formelle des programmes se substitue à la fois à la pensée finaliste (magique, religieuse) et à la pensée causale (scientifique), en imposant un cadre de pensée dans lequel les notions de liberté et de politique ne sont plus opérantes. Flusser a bien conscience de l’impossibilité de s’attaquer directement aux programmes car ceux-ci sont indissociables de notre culture; toute critique est donc vouée l’échec. Si leur destruction est impossible, il nous faut donc apprendre à vivre dans les programmes. »

Vivre dans les programmes, Anthony Masure, Mineure Multitude 74 (2019)
Qui ? Otl Aicher (1922 - 1991)

Né en 1922 à Ulm, Otto Aicher dit Otl, rejette la doctrine nazie.
Après la guerre, Otl Aicher obtient son diplôme du secondaire et suit des cours de sculpture à l’Académie des beaux-arts de Munich. Au bout de quelques mois, déçu, il retourne à Ulm et ouvre son propre bureau de graphisme. L’École supérieure de design d’Ulm (Ulmer Hochschule für Gestaltung) ouvre officiellement en octobre 1955. Aicher est chargé de cours dans la section communication visuelle, qu'il dirige à partir de 1962. Il accorde une grande importance à la méthodologie visuelle mais aussi à la typographie. Il fait collaborer ses étudiants à toutes les commandes, notamment celles qui émanent de son propre bureau d’études.

(Universalis)
Qui ? Otl Aicher (1922 - 1991)

Pour lui, le message visuel doit être immédiatement saisissable. En 1962, il est nommé directeur de l'école d'Ulm. Après la fermeture de l’École en 1968, Otl Aicher se consacre à son bureau d’études à Ulm. Il est chargé de repenser toute l’identité visuelle des jeux Olympiques de Munich (été 1972). Son langage précurseur, avec les pictogrammes des différents sports identifiables par tous les pays est encore d’actualité. Otl Aicher et son équipe ont conçu toute l’identité visuelle (logo, signalétique) de compagnies aériennes comme Lufthansa, d’aéroports (Francfort-sur-le-Main, Munich), de banques (Dresdner Bank, Sparkasse), de maisons d’édition (Otto Maier Verlag) de même que celle de la deuxième chaîne de télévision allemande ZDF. Otl Aicher meurt en 1991 à Rotis.

(Universalis)
Une morale de la forme, Anthony Masure. Le design des programmes : des façons de faire du numérique. Art et histoire de l’art. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2014. Français. (rappel école d'Ulm)

Quoi ? Le monde comme projet

« Le Monde comme projet réunit dix-huit textes du designer graphique Otl Aicher, initialement parus en allemand en 1992. [...]Ce qui irrite Otl Aicher, c’est l’importance que prend l’esthétique dans le design, éclipsant les aspects techniques et fonctionnels. Il distingue ainsi les designers « moralistes » (catégorie dans laquelle il range Charles Eames et Hans Gugelot) des « esthètes », qui se focalisent uniquement sur la recherche du beau. [...] Tout au long de l’ouvrage, le positionnement d’Otl Aicher est clair et mérite d’être entendu : le design ne se résume pas à des questions d’esthétique et se doit d’intégrer une portée à la fois politique et sociale. Le designer est tenu de jouer un rôle critique, et non pas seulement de rendre le monde « de plus en plus beau et agréable à mesure que nous le détruisons » (p. 204).»

Lilian Froger, « Otl Aicher, Le Monde comme projet », Critique d’art [En ligne]
Quoi ? Une conception sociale du design

Contre l'art
Pour une culture de la civilisation
Résolution du réel
Conception interdisciplinaire
Reponsabilité sociale et culturelle
Quoi ? Une conception sociale du design

Aicher pense que l'action concrète doit se situer au niveau des individus. Il s'agit pour les humains de développer leur désir de vivre en accord avec leurs valeurs et idées, et de mener un travail et des projets en accord avec la représentation morale qu'ils ont de leur existence. La valeur des objets tient alors dans leur usage et leur utilisation plus que dans leur valeur marchande. Les designers doivent se poser la question : à quelle fin sert mon projet ? Et les objectifs des projets doivent être évalués selon leur sens.
Quoi ? Une conception sociale du design

A ses yeux, le design n'est pas la mise en forme ou la production de stimuli visuels. Le design, au contraire, suppose de relier la pensée et la pratique. La pensée est liée à l'éthique qui sous-tend le projet : son but, son sens, sa direction, des valeurs, sa raison d'être.
Quoi ? Une morale du quotidien

Olt Aicher nous dresse un tableau du monde comme celui des objets et détritus façonnés de nos mains. Il liste.
Le monde tel que nous l'avons fait

« Le monde dans lequel nous vivons est le monde tel que nous l'avons fait. »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.
Les humains comme partie de l'univers

Or, « depuis que l'homme existe, il s'est défini comme une partie de l'univers. il s'est déterminé à partir de l'explication du monde »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.

Monde qu'il a lui-même façonné.
Le monde est devenu design

« nous continuons de philosopher sur le monde en tant qu'« être » en laissant de côté le fait qu'il est devenu design, un modèle farbiqué, qui intègre même la nature. »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.

Nous pensons le monde à partir de cas concrets.
Mais

« entre les sites de constructions et les décharges d'ordures nous nous adonnons jusqu'à présent à des loisirs et libertés de consommer irresponsables. »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.

Le monde que nous avons construit n'est pas l'objet de notre attention.
Le travail en question

« produire est un acte responsable par lequel quelqu'un conceptualise, projette, exécute et vérifie. ce qu'il crée se trouve sous son contrôle et sous sa responsabilité et constitue une partie de lui-même. »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.

Olt aicher place la responsabilité des humains dans leur travail, qui se doit d'être créatif et dans lequel la personne peut se développer.
Le projet comme liberté

« en projetant, en concevant, l'homme se révèle à lui-même. le reste du temps il n'est que fonctionnaire »

olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42.

L'humain libre est un humain qui a créé les conditions de sa liberté, qui exerce son libre arbitre.
Lecture Postface

Nous sommes léthargique face à la question environnementale.
L'appel à la responsabilité n'est plus crédible.
La morale est lointaine. Le design n'est pas un raffinement, une décoration, un artifice.


olt, aicher. (2015). Le monde comme projet. [1992] B42. pp.203-205
Le monde

1. Un univers pré-déterminé ?
2. Un processus d'évolution ?
3. Un monde de la nature ?

> Ces trois visions du monde ne conviennent pas selon Olt Aicher, qui voit le monde comme l'oeuvre de nos mains. Olt aicher situe la responsabilité de nos actes dans l'action du travail, qui diffère de l'emploi, le travail, chez Olt Aicher, doit nous rendre indépendant à travers l'exercice d'un projet individuel. Le projet de design se situe au-delà de l'autorité, le designer, sans vérités, sans rien, seulement avec ses outils peut proposer des projets responsables mettant au monde des objets dont le sens apparait clair et souhaité.

[15:20-16:58]
documentaire interactif Ethics for Design avec Alain Findeli, James Auger, Peter Bil’ak, Antoine Fenoglio, Flora Fischer, Sarah Gold, James Williams, Geoffrey Dorne, Thomas Schnur, Matthieu Cherubini, Laura Pandelle, Nicolas Nova

A regarder en entier pour le 17 mars en complétant le visionnage par une recherche sur les différents intervenants : biographie & projets Ici Notez vos remarques sur le documentaire

Groupe d'éducation en design, par Gauthier Roussilhe

PUBLIÉ LE04 NOVEMBRE 2017 PAR INTERNETACTU Quelle éthique pour le design ?

Ethics by Design La première conférence dédiée à la conception numérique durable en France

Julian Hanna, James Auger, Enrique Encinas Reconstrained Design: A Manifesto June 2017
« Le design influence le désir. Si dans le passé, le design a été utilisé pour encourager la consommation, pour rendre les biens de consommation désirables, nous devons à l’avenir faire appel au design pour lutter contre nos désirs. »

Vers l’autonomie du design Gauthier Roussilhe (2017)

Ethical Design Manifesto by Indie Team

Groupe decolonialism design

Ahmed Ansari, Decolonising Design (2019)

Site web de Luiza Prado


Design de l'Attention et responsabilité en question

Écologie de l’attention et design des environnements numériques : vers une politique des filtres ? Anthony Masure

Pour un rétro-Design de l’attention, Hubert Guillaud (2017)

Rétro-design de l’attention : c’est compliqué !, Hubert Guillaud (2019)

Rétro-design de l’attention : dépasser le temps, Hubert Guillaud (2019)

Rétro-design de l’attention : une responsabilité sans responsabilisation, Hubert Guillaud (2019)

étro-design de l’attention : limites, angles morts et autres propositions, Hubert Guillaud (2019)


Design Spéculatif

Dunne & Raby, Speculative Everything (MIT Press, 2013)

Qui ? Fiona Raby & Anthony Dunne

Fiona : professeur de Design Industriel à l’Université d’Arts Appliqués de Vienne et conférencière en Design d’intéractin au RCA entre 2005 et 2015. Elle a étudié l’architecture au RCA avant de travailler à Tokyo pour 'ichi Irie Architects Elle a un master en Computer Related Design from the Royal College of Art.
Anthony : professeur au RCA entre 2005 et 2015 où il est à la tête du Design Interactions Programme. Il a étudié lui même le design industriel (RCA) et à travaillé dans le département Design de Sony à Tokyo. De retour à Londres il complète son parcours en développant une thèse sur les relations entre Design et Ordinateur
Après avoir remporté le premier prix du Media Lab du MIT en 2015, ils sont devenus professeurs de design et de technologies émergentes à la Parsons The New School, à New York, apportant leur perspective sur le design contemporain aux nouvelles générations de designers.
Quoi ? Le design spéculatif

D&R propose dans cet ouvrage une sorte de design, outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en “ et si? ” pour ouvrir le débat sur ce que les gens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout pour rendre ainsi la réalité plus malléable
#Définition : Spéculatif

Qui porte sur des recherches abstraites, théoriques, qui leur est consacré.

CNTRL
Quoi ? Un design des idées

D&R propose dans cet ouvrage une sorte de design, outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en “ et si? ” pour ouvrir le débat sur ce que les gens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout pour rendre ainsi la réalité plus malléable.

Les design conceptuels ne sont pas seulement des idées mais aussi des idéaux, nous devrions mesurer la réalité aux idées et non pas l'inverse : c'est la réalité qui doit être jugée a l'aune de sa capacité à s'élever vers les idéaux.
affirmatif / critique
résout des problèmes / trouve des problèmes
donne des réponses / pose des questions
design pour la production / design pour débattre
design comme solution / design comme un médium
au service de l’industrie / au service de la société
fonctions fictionnelles / fictions fonctionnelles
pour le monde tel qu’il est / pour le monde tel qu’il pourrait être
change le monde à notre convenance / nous changer pour convenir au monde
science-fiction / fictions sociales
futurs / mondes parallèles
récits de production / récits de consommation
applications / implications
fun / humour
innovation / provocation
consommateur / citoyen
nous fait acheter / nous fait penser
ergonomique / rhétorique
facile à utiliser / éthique
procédé / paternité
Quoi ? des alternatives

Il est plus aisé pour nous d’imaginer la fin du monde plutôt qu’une alternative au Capitalisme. Pourtant les alternatives sont exactement ce dont nous avons besoin. Nous avons besoin de rêver de nouveaux rêves pour le 21ème siècle. Des imaginaires alternatifs
Quoi ? du débat

Les designers britanniques Anthony Dunne et Fiona Raby proposent un design conceptuel dont la réelle fonction est d’amener le débat citoyen. Ils restent en dehors de la sphère marchande pour opérer une réflexion au sein des expositions où le design, à la façon d’un lanceur d'alerte, engage une réflexion et une critique. Design for debate

Dunne & Raby, Speculative Everything (MIT Press, 2013), manifeste

#Projet United Micro Kingdom, 2013

Ce projet est complémenté d’une vingtaine d’illustrations de Miguel Angel Valdiva s’appelant LIVES AND LANDSCAPES (2014) commandée pour la seconde biennale de design d’Istanbul du projet United Micro Kingdom (2013).
Prochaines séances

Les cours du 17, 24 et 31 mars seront mis en ligne au fur et à mesure. Nous organiserons des retours sur des documents partagés ainsi que des exercices d'écriture en ligne. Regardez à nouveau les slides en entier, j'y glisse parfois de nouveaux exemples en fonctions des différentes notions et des questions posées durant le cours.


Partiels blancs

Partiel blanc

Commentaire de texte à rendre ici le 23 mars 10h.
Séance du 17 mars

Lisez les trois textes suivants. Faites un commentaire de texte (4 à 6 pages en Arial 10) sur l'un de ces trois textes (cf. Méthodologie dans Ressources à la fin de ce cours). A rendre pour le 23 mars, 10h [ici] dans ce dossier drive en GoogleDoc. Soyez vigilant à l'orthographe et à votre style. N'hésitez pas à compléter ce commentaire de texte des références vues en cours.
Ceci est un entrainement pour le partiel. Merci de rendre un travail original en respectant les droits d'auteur (le plagiat est interdit).
Faites vous confiance, relisez plusieurs fois les textes, anotez ce qui vous intéresse, faites des recherches sur ce que vous ne connaissez pas, vérifiez le sens des termes que vous ne connaissez pas. Rassemblez ces recherches : définitions, personnages, faits, exemples sur un document avant de vous lancer dans le commentaire de texte.

ETTORE SOTTSASS « Mi diconno che sono cattivo», Casabella n° 376, 1973, in Alexandra Midal, Design, L’Anthologie, HEAD, 2013 TOUT LE MONDE DIT QUE JE SUIS MÉCHANT

Bernard Stiegler, « Quand s’usent les usages : un design de la responsabilité ? » , entretien avec Catherine Geel, Saint-Étienne, Cité du Design, Azimuts, no 24, 2004, p. 85.

Séance du 31 mars

Prenez connaissance du nouveau sujet sur la fiction, ce dernier sera à rendre dans ce dossier [ici] Soyez vigilant à l'orthographe et à votre style.
Ceci est un entrainement pour le partiel. Merci de rendre un travail original en respectant les droits d'auteur (le plagiat est interdit).
Faites vous confiance et prenez du plaisir
Sujet - Partiel Blanc - Théorie du Design à rendre pour le 21 Avril 2020, 10h Elise Rigot

Elise Rigot Différents document inspirants à lire pour le partiel blanc sur la fiction


Questions sur le cours

Vous avez des questions sur le cours ? Vous pouvez les poser sur ce document partagé.


Ressources pour le cours

Ressources en design en ligne

Méthodologie de recherche – Ressources logicielles et documentaires Anthony Masure


Frise chronologique du design

Vaiana Le Coustumer Frise chronologique du design Histoire du design

@EliseRigot


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Crédits typo : IBM Plex, Mike Abbink / Bold Monday, 2018
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